Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 7 mai 2018

Action ou vérité

Pas trop le temps d'aller au cinéma en ce moment du coup j'ai eu envie de tester un nouveau film d'horreur pour décompresser. Les signaux d'alertes étaient nombreux, tout annonçait le gros nanard et pourtant j'avais envie de me faire ma propre idée, voyons cela ensemble.






Date de sortie 2 mai 2018
Durée : 1h 40min
Réalisateur : Jeff Wadlow
Casting : Lucy Hale, Tyler Posey, Violett Beane
Genres : Epouvante-horreur, Thriller
Nationalité : Américain

Synopsis :

Olivia et Markie vont fêter leur dernier springbeak ensemble, elles souhaitent que ce soit inoubliable et c'est ce qui les pousse à pénétrer une vieille église abandonnée pour jouer à Action ou Vérité avec leurs amis. Le jeu prendra une tournure plus inquiétante en se poursuivant à leur retour les forçant à mettre leur vie en danger.

Critique :

Soyons clair, ma seule et unique motivation pour aller voir ce film c'est Tyler Posey. J'ai découvert ce "jeune" acteur dans l'excellente série Teenwolf et j'étais curieux de voir ce qu'il faisait d'autre. En dehors de ça, tout indiquait que ce film était à fuir, à commencer par ce pitch qui puait le film commercial. C'est typique de ces réunion de brainstorm où on te fait trouver un pitch à partir d'une chanson, d'un livre ou ici d'un jeu. Des méthodes de création bien bullshit pour obtenir des concepts creux et populaire. Si jamais celui-ci à du succès attendez-vous à voir débarquer Jacques a dit le film ou La Marelle live action.
Bref, partant d'un postulat aussi pauvre, on ne pouvait pas attendre grand chose et c'est exactement ce que l'on a. Je ne m'étais pas renseigné sur le réalisateur avant d'aller voir le film, sinon j'aurais pu m'attendre au pire celui-ci étant déjà responsable du piteux Kick-ass 2. Action ou vérité est une énorme baudruche, aucun effort n'a été fourni pour faire quelque chose de ce pitch boiteux, c'est creux, mal écrit, sans originalité et on s'ennuie ferme. L'intrigue repose sur une soi disante mis en danger social des personnages mais c'est réalisé grossièrement et le scénario triche dès que son concept ne l'arrange plus.
Le casting n'est pas trop mal, Tyler Posey s'en sort d'ailleurs très bien mais la caractérisation des personnages est vraiment nulle. Lucy Hale, qui joue le personnage principale, est surement celle qui en pâtit le plus. Si son personnage semble intéressant dans les premières scènes il finit par devenir complètement ridicule tant ces décisions manque de motivations ( mention spécial au secret qu'il faut surtout ne jamais révéler ). En ce sens la fin est vraiment tragique, prévisible, sans originalité et trahissant totalement le personnage, elle ne sert qu'a faciliter une suite et éventuellement satisfaire des ados en mal de "sensations fortes".
Et les sensations fortes il faudra les chercher longtemps dans ce film tant les situations manquent de force. Les défis sont aussi ridicules que les morts qu'ils entraînent et je ne vous parler pas des effets spéciaux. En fait si, je vais en parler, tout est résumé dans le film par le protagoniste principal "c'est comme si on leur avait mis un mauvais filtre snapchat". Le monstre est personnifié par un effet snapchat dégueulasse. Outre le placement de produit grossier, le ciblage marketing est d'une lourdeur crasse et nous n'avons rien à nous mettre sous la dent. De fait l'ensemble apparaît bien cheap et le film aurait sûrement était plus fort sans l'aspect fantastique complètement boiteux à l'image de Nerve.
Non, vraiment, il n'y a pas grand chose à sauver dans ce film, c'est toujours inquiétant lorsqu'on s'ennuie dans un divertissement. Inutile de vous dire que je recommande chaudement de l'éviter. S'il n'y a pas d'erreur majeure, il n'y a également aucun intérêt particulier à voir ce film sauf à être fan absolu de Tyler Posey ou Lucy Hale.




Conclusion :

Sans trop de surprise, le film est très mauvais, la caractérisation des personnages ne tient pas la route, les effets sont moches et la fin ridicule, bref, passez votre chemin.

lundi 30 avril 2018

Avengers : Infinity War

Il y a pile 10 ans : le 30 avril 2008 sortait en salle Iron Man, premiere brique d'un monument titanesque voué au super héros et auquel il était alors dur de croire. Faire un bon film de super héros c'était déjà un exploit mais réussir à structurer plusieurs univers sur grand écran pour les faire se croiser à l'image des crossover de comics ça ressemblait à de l'optimisme béat. Et pourtant, 10 ans plus tard sort l'aboutissement de ce projet insensé et il est temps de voir ensemble si tout cela en valait la peine.




Date de sortie : 25 avril 2018
Durée : 2h 36min
Réalisateur : Joe Russo, Anthony Russo
Casting : Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Chris Evans
Genres : Aventure, Action
Nationalité : Américain

Synopsis :


L'heure de la phase finale du plan de Thanos est enfin arrivée. Le titan va collecter les 6 pierres de l'infini et devenir tout puissant. Seuls les Avengers, le Docteur Strange et les Gardiens de la Galaxie ont peut-être encore une infime chance de l'arrêter en unissant leurs forces.



Critique :

10 ans, c'est ce qu'il aura fallut pour atteindre ce moment et voir projeter ce pari complètement fou de réaliser un crossover de super héros en film. En comics, c'est une pratique récurrente, un gimmick même, faire se rencontrer tout un tas de super héros pour affronter une menace qui les dépasse, mais au cinéma ça n'avait jamais été fait, c'est bien trop complexe. Le seul moyen de le faire efficacement c'était ce qu'a fait Marvel : développer des franchises de super héros jusqu'au jour où ils pourront se rencontrer. Mais c'était un pari très risqué car le public aurait très bien pu se lasser devant la masse impressionnante de film de super héros ces dernières années. Et pourtant, là où DC s'est complètement ramassé en ne réussissant jamais à trouver un positionnement cohérent, Marvel n'a jamais rien lâché et a enchaîné les films sans se planter. Certes, ce ne sont pas forcément de grands films et ils ne sont pas tous égaux, mais il s'agissait tout de même majoritairement de divertissements de qualité bien calibré. Ce qui nous amène à ce troisième Avenger.
Le premier Opus avait été une excellente surprise, un divertissement totalement brainless mais drôle et hyper impressionnant. Ce n'était pas le meilleur travail de Joss Whedon mais on pouvait difficilement s'attendre à un film de cette qualité vu la démesure de la production et la pression du studio. Fatalement, le deuxiéme opus fut plus décevant. L'effet de surprise n'était plus là mais surtout le film souffre de "l'effet DC", une tentative mal maîtrisée de faire une oeuvre plus grave et plus sombre. Le résultat fut un film bancal et un peu lourdingue. Un peu plus tard, Captain America 3 s'avéra un Avenger 2 plus convaincant avec son Civil War même si, là encore, le méchant manquait de crédibilité. Et c'est ainsi qu'arrive Infinity War, le fantasme de fanboy absolu, l'orgie ultime de super héros. Les périls étaient nombreux à menacer la qualité du film : un super méchant mal développé, des personnages trop nombreux et inutiles, un scénario inutilement complexe pour masquer sa vacuité et force est de reconnaître que Infinity Wars évite ses écueils avec grace.
S'il ne brille pas par son originalité, le scénario est remarquablement équilibré, il alterne avec légèreté ses arcs narratifs sautant du film de super héros au space opèra en passant par l'aventure épique et la comédie. Jamais le poids de la richesse de ces univers ne se fait sentir, pas plus que celui de sa durée. Le film laisse un peu de temps à chaque personnage pour respirer, certains tirent un peu la couverture à eux (Tony Stark, Strange, Thor, Starlord) mais tous ont leur petit moment de gloire ou leur petite punchline. Bien sûr le film ne permet pas vraiment de creuser ces personnages mais ce n'était pas le but, ici on se concentre sur Thanos.
En effet, le point fort du film, le point sur lequel tout reposait c'est bien entendu Thanos, teasé depuis 2012 et la scène post-générique d'Avenger. Le film prend tout son temps pour le développer, rendant le personnage presque attachant mais surtout en faisant un personnage bien construit qu'on pourra apprécier ou qu'on aimera détester. Pas un personnage insipide comme le Steppenwolf de Justice League dont on se fout totalement. Ici les enjeux sont réels et le spectateur pleinement impliqué dans cette bataille aux proportions dantesques.
Niveau réalisation c'est une fois de plus très impressionnant, même si j'ai pu tiquer sur certains effets (je trouve notamment que l'intégration de la tête du pilote de l'armure hulkbuster ne fonctionne pas) on en prend plein les yeux de la première à la dernière bataille. Si j'avais critiqué la bataille finale de Blackpanther je trouve que ce nouvel affrontement au wakanda rempli toutes ses promesses démontrant la grande maîtrise des frères Russo sur ce genre de scène.
Je ne vais pas m'attarder sur le casting, ça finirait juste en "name dropping", vous devez déjà connaitre tous les acteurs des précédents films et savoir qu'ils font bien le boulot. Je ne parlerais donc que de Josh Brolin (Avé César, Sicario, etc) qui confère un certain flegme à son personnage. Thanos est une figure monolithique qui fait assez peu place aux sentiments et pourtant certains passent subtilement à travers les CGI. Si je n'aurais pas forcément pensé en premier à lui pour le rôle, je dois admettre qu'il lui va comme un gant (de l'infini).
Vous l'aurez compris, je suis très emballé par ce nouveau film. Les réalisateurs ont su pleinement tirer parti du projet global, on ne perd pas de temps à developer les personnages ou donner des explications superflues, on se concentre sur l'essentiel. La conséquence directe c'est que le film n'est pas accessible à tous ceux qui n'auraient pas suivi les derniers blockbusters Marvel, un choix économique audacieux mais artistiquement payant. J'ajouterais quelques mots spoiler en toute fin de critique pour ceux que ça intéresse mais ici je vais conclure en disant que si le film est loin d'être parfait, il n'en reste pas moins une oeuvre unique et remarquable qu'il faut vraiment avoir vu pour peu qu'on s'intéresse un minimum au sujet.


Conclusion :

Si ce n'est pas un grand film et qu'il sera impossible de l'apprécier sans avoir vu la majorité des films de la franchise, ce nouvel avenger n'en reste pas moins une oeuvre unique, un divertissement de grande qualité et l'accomplissement d'un projet titanesque. Je ne peux que conseiller aux fans de courir en salle.



SPOILER :
Impossible de ne pas mentionner la fin du film dans cette critique, c'est en partie elle qui fait sa qualité. Quelle audace que de finir sur un Thanos triomphant mais humble, sur le repos du héros comme s'il avait eu raison de faire tout ce qu'il avait fait. Quelle audace là encore de tuer des personnages aussi récents et populaires que Spiderman, BlackPanther et Doctor Strange (même si les franchises étant récentes les scénaristes ne pouvaient pas forcément anticiper celles qui marcheraient) et de laisser survivre les vieux de la vieille alors que leurs contrats se terminent et qu'il aurait été facile de profiter de l'histoire pour changer d'acteurs. Bref, les réalisateurs n'ont vraiment pas cédé à la facilité, ils livrent une oeuvre impressionnante et plus subtile qu'elle n'y parait, j'attend la suite avec impatience même si elle ne pourra être que plus conventionnelle.

lundi 16 avril 2018

L’île aux chiens

Un nouveau Wes Anderson, je pouvais difficilement passer à côté, je sais qu'il y a peu de chances que je sois déçu, la question étant donc de savoir si ce nouveau film sera bon où très bon.




Date de sortie : 11 avril 2018
Durée : 1h 41min
Réalisateur : Wes Anderson
Casting : Vincent Lindon, Isabelle Huppert, Romain Duris
Genres : Animation, Aventure
Nationalités : Allemand, Américain

Synopsis :

Pour lutter contre la dangereuse propagation de la grippe canine, le maire Kobayashi décrète que tous les chiens devront être enfermés sur l’île aux déchets. Son neveu pourtant ne supporte pas d'être séparé de son chien de garde Spots et décide de prendre tous les risques pour le sauver. En chemin, il fera la rencontre d'une sympathique bande de chiens et découvrira que la décision du maire pourrait cacher un plan machiavélique.

Critique :

Je ne le cache pas, je suis un grand fan de Wes Anderson (The grand budapest hotel, Moonrise Kingdom, etc), j'aime le soin quasi maniaque qu'il met à travailler ses images et la tendresse qui imprègne toute son oeuvre. Avec L'île aux chiens, le réalisateur retourne à un genre auquel il s'est déjà essayé avec brio dans Fantastic Mister Fox et qui correspond bien à sa façon de composer ses cadres : le film d'animation.
Le film est un bel hommage à la culture Nippone que ce soit dans toutes les évocations à la culture traditionnelle (la musique, les estampes) ou dans l'illustration d'un japon plus moderne.
Visuellement, c'est un régal. Les marionettes sont superbes et les plans très travaillés, c'est un véritable plaisir pour les yeux. On reconnait le soucis du détail de Wes Anderson et son esprit décalé.
L'histoire est probablement le plus gros défaut du film. Elle est assez simpliste mais n'en reste pas moins belle et touchante. Si jamais on considère qu'il s'agit d'un film pour enfant (j'avoue ne pas être sûr du public cible) le scénario est au contraire plutôt riche et surtout porteur de belles valeurs, disons que c'est un bon film à voir en famille.
A noter que j'ai vu le film en VF et même si j'ai longuement pesté à cette idée je dois reconnaître que le doublage Français est vraiment d'excellente qualité avec un casting vocal des plus impressionnant (Vincent Lindon, Isabelle Huppert, Romain Duris, Louis Garrel, Daniel Auteuil, Léa Seydoux, Mathieu Amalric etc) un bon point pour renforcer la présence de personnages variés, drôles et attachants.
Niveau musique, Wes Anderson fait une fois de plus appel à Alexandre Desplat (La forme de l'eau, The tale of tales, etc) et le compositeur nous régale une fois de plus d'une partition très originale avec cette fois une orientation résolument orientalisante notamment grace à l'utilisation de tambours Taiko.
Vous l'aurez compris, je suis très emballé par ce nouveau film. Ce n'est probablement pas mon préféré car le côté assez enfantin de l'histoire  ne me parle pas vraiment mais le film est réalisé avec un tel soin qu'il est difficile de ne pas se laisser emporter par cette touchante histoire.


Conclusion :

Encore un très beau film signé Wes Anderson, une oeuvre très visuelle qui démontre un amour certain de la culture nippone et toujours la tendresse du réalisateur pour ses personnages.




Quelques très belles affiches alternatives : 


Affiche signée par Katsuhiro Otomo