Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

vendredi 20 octobre 2017

Kingsman : le cercle d'or

Un nouveau film de Matthew Vaughn, bien sûr que je fonce le voir et que je vous critique ça immédiatement. Vous doutiez encore que j'étais complètement fan de ce réalisateur depuis Layer Cake ? Tous dans le cab' et en route pour le pays merveilleux des réalisateurs Anglais fan de comics.





Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 2h 21min
Réalisateur : Matthew Vaughn
Casting : Taron Egerton, Colin Firth, Mark Strong
Genres : Action, Espionnage, Comédie
Nationalités : Britannique, Américain

Synopsis:

L'agence d'espionnage british la plus classe et secrète au monde revient. Cette fois, les KINGSMAN devront affronter une menace encore plus dangereuse et capable de les détruire. Un ennemi si retors qu'ils devront faire appel aux STATESMAN, leurs homologues américains, pour avoir une chance d'accomplir leur mission. Ensemble, ils affronteront le mystérieux Cercle d'Or une organisation impitoyable au but mystérieux.

Critique:

Sorti en 2015, le premier Kingsman avait été une merveilleuse surprise. Totalement inattendu, c'était un pastiche de James Bond complètement survitaminé qui apportait beaucoup de fraîcheur à un genre sclérosé (revoyez Spectre si vous avez un doute). Le fait que ce soit réalisé par Matthew Vaughn (Kick-ass, Stardust, etc) ne gâtait rien, le réalisateur ayant un don certain pour réaliser des films prenants, originaux et drôles.
L’intérêt d'une suite à ce premier film n'était pas évident, bien sûr le potentiel était là mais le risque de n'exploiter la license que pour l'argent était très fort tout comme celui de se retrouver avec un Kick-ass 2.
Heureusement, le réalisateur n'a rien perdu de son talent ou de son envie de faire des bons films et ce deuxième opus se révèle également explosif. Dès le début, le réalisateur nous gratifie d'une scéne d'action spectaculaire et ce ne sera clairement pas là seule du film (qui aurait cru qu'on pouvait faire une baston cool avec un lasso ? )
Pour autant, à aucun moment le cercle d'or n'égale vraiment la fraîcheur et la démesure de la scène de l'église de Kingsman. Même l'histoire s'avère plus confuse et moins maîtrisée. Pire, à multiplier les personnages le film ne les respecte pas vraiment et leur destin ne nous touche donc pas vraiment. Reste pourtant quelques scènes émouvantes, surtout une en fait, un magistral flashback visuellement très travaillé et dramatiquement intense.
Niveau casting, le réalisateur met une fois de plus les petits plats dans les grands puisque en plus de  Colin Firth (Magic in the Moonlight, Le journal de Bridget Jones, etc) et Mark Strong (John Carter, La taupe, etc)  dans leur précédent rôle de James bond et Q, on retrouvera Julianne Moore (Don Jon, Hunger Games, etc) fabuleuse dans son rôle de grand méchant rétro. Plus anecdotiques dans l'histoire mais tout aussi mémorable, Halle Berry (Cloud Atlas, X-men, etc) en scientifique, Channing Tatum (Ave césar, Fox catcher, etc) et Pedro Pascal (Games of thrones, etc) en espion cowboy bad-ass et Jeff Bridges (True Grit, The big Lebowsky, etc) en PDG. On notera également la présence hilarante d'une guest de choix vraiment bien mise en valeur.  Personnage principal du film, Taron Egerton s'en sort merveilleusement même s'il est probablement le moins connu du cast.
Les personnages sont tous caricaturaux mais savoureux c'est aussi la force de la série que de tout pousser au maximum jusqu'à atteindre un équilibre très instable mais jouissif entre James Bond et Austin powers. Un choix créatif qui offre des idées intéressantes comme le côté extrême de l'habituelle scène de séduction de l'agent ennemi. Une scène particulièrement gênante visant, selon moi, à dénoncer ce passage obligé et vulgaire des films d'espionnage (passage qui m'avait particulièrement choqué dans le dernier James Bond: Spectre). Pour autant, je regrette que le film perpétue encore les même schémas masculin que les autres films du genre. Plusieurs personnages féminin ont du potentiel mais elles restent très inexploité dans ce film
Pour conclure, je dirais que j'ai passé un bon moment devant ce deuxième Kingsman mais qu'il n'a pas autant de qualités que son prédécesseur. L'histoire essaye d'en dire trop, balayant parfois un peu trop facilement certain détails et s’empattant de longueurs inutiles. Je regrette aussi le côté très accessoire de Channing Tatum Surtout, bien que spectaculaires, les scènes d'actions n'égalent pas la virtuosité de celle du premier et aucune idée n'égale l'originalité du finish du premier film. Un bon divertissement donc, mais pas à la hauteur de ce qu'avait déjà fait Matthew Vaughn. Une suite est très clairement envisagé je ne saurais dire s'il faut la redouter où s'il faut s'en réjouir.


Conclusion:

Si la série Kingsman reste une valeur sûre, ce deuxième opus est un peu moins maîtrisé et souffre de quelques longueurs.

un joli concept art

lundi 16 octobre 2017

Détroit

C'est rare que je complimente les bande annonces mais c'est pourtant bien celle de Détroit qui m'a donné une farouche envie de voir ce film. Le risque étant bien sûr que le film ne soit pas à la hauteur et c'est ce que nous allons voir.





Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 2h 23min
Réalisateur : Kathryn Bigelow
Casting : John Boyega, Will Poulter, Algee Smith
Genres : Drame, Thriller
Nationalité : Américain


Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis :

Détroit, 1967, les tensions raciales explosent au point de provoquer de terribles émeutes. Une mauvaise blague provoquera l'assaut du motel Algiers et la sequestration de plusieurs jeunes par la police. Une intervention hors de tout contrôle qui provoquera la mort de plusieurs d'entre-eux...



Critique :

Détroit est le nouveau film de Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty, Démineur, Point Break, etc) une chronique basée sur un sinistre fait divers révélateur de la gravité des tensions raciales qui frappent les états-unis. L'histoire se déroule dans un véritable cadre de guerre civil et la réalisatrice en appel à toute l'expérience qu'elle a accumulé durant ses précédents film pour livrer une nouvelle histoire vraiment prenante.
Très clairement, Détroit est une énorme claque.
Le sujet est d'une grande force et la réalisatrice le traite avec une violence rare, à tel point que le film n'a pas grand chose à envier à un film d'horreur. J'ai rarement été autant mis sous pression durant un film et le malaise était encore présent au sortir de la salle. Rarement les sentiments d'injustice et d'impunité m'auront frappé autant.
Le film se compose de trois parties, présentation séquestration, résolution et la montée en tension est remarquablement dosée. La scéne de sequestration est oppressante comme rarement, on s'identifie très facilement aux victimes et la réalisatrice a l'intelligence de ne pas être manichéenne. Si je devais faire un reproche, ce serait sur la dernière partie du film, celle abordant les conséquences de l'histoire.
Si cette partie est importante d'un point de vue narrative, elle est beaucoup plus faible en terme de tension et atténue un peu la violence qui précédait. C'est peut-être un bon choix pour éviter que tous les spectateurs ressortent de la salle en état de tension extrême mais ça n'en reste pas moins un peu frustrant dans le déroulement. Ce grand calme juste après la tempête donne l'impression que le film retombe et se perd. Ce n'est pas le cas, cette partie est également bien mené et importante mais ça n'en reste pas moins troublant.
Film chorale, Détroit repose sur un très beau casting. Il n'y a pas vraiment de premier rôle mais on notera tout de même la prestation remarquable de Will Poulter (le labyrinthe, etc) dans le rôle de l'un des plus gros connard qu'on ai pu voir à l'écran ces derniers temps. A ses côtés, peu d'acteurs connus mais tout de même John Boyega (Star wars 7, etc) et  Anthony Mackie ( Captain America : Civil War, Abraham Lincoln chasseur de vampires, etc) dans des rôles très important pour l'histoire, deux hommes parfaitement intégré dans la société et qui n'aurait jamais dû vivre une pareille histoire (s'ils avaient été blanc). Enfin, un petit mot sur Algee Smith, l'acteur est encore inconnu mais il crève l'écran dans son rôle de lover et je ne doute pas qu'on le reverra bien vite.
Détroit est une véritable claque. En mélangeant fausses images d'archive et film de guerre ultra nerveux, Kathryn Bigelow nous livre un fait divers ultra réaliste qui prend aux tripes et bouscule nos certitudes. Outre son intérêt dramaturgique, ce qui frappe dans cette histoire, c'est son importance sociétale. La façon dont elle met en avant un racisme aussi institutionnalisé que le sexisme. Difficile après ça de ne pas remettre en question notre propre société et de constater que la situation n'a pas tant évolué que ça.
Un film fort, un film beau, un film utile, du grand cinéma.


Conclusion :

Une oeuvre poignante et particulièrement dure qui éclaire de la plus sombre façon notre société.

vendredi 13 octobre 2017

Le sens de la fête

Vu le battage médiatique, vous n'avez probablement pas du passer à côté de la sortie de ce nouveau film. Je ne tenais pas particulièrement à le voir mais l'occasion faisant le larron (toi aussi, apprend des expressions désuètes avec El programator) voici la critique.





Date de sortie : 4 octobre 2017
Durée : 1h 57min
Réalisateur : Eric Toledano, Olivier Nakache
Casting : Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche
Genre : Comédie
Nationalité : Français

Synopsis :

Depuis plus de trente ans Max organise des mariages, il a déjà tout vu et pourtant celui de Pierre et Héléna, rendu particulièrement complexe par les exigences du mari, lui réserve bien des mauvaises surprises. Il lui faudra user de tout ses talents mais aussi s'appuyer sur son équipe pour réussir une fois de plus à préserver le sens de la fête.


Critique :

Le sens de la fête est le nouveau film du duo  Eric Toledano et Olivier Nakache, devenu célèbre grace au film Intouchable. Ils nous reviennent avec un sujet moins difficile mais où l'on retrouve toute leur sensibilité et leur amour des personnages. On suit donc ici l'ensemble des membres d'une équipe de traiteur (cuisine, service, animation) ainsi que quelques invités lors d'une soirée de mariage. Un sujet pas franchement original mais que l'angle "envers du décors" permet de dynamiser. Le foisonnement de personnage, le rythme enlevé, la pression du timing, les réalisateurs réussissent à nous emporter complètement dans la frénésie de cette organisation par de multiples artifices donnant à ce qui aurait pu être une banale comédie des allures de course effrénée.

L'autre point fort du film, c'est bien entendu son casting. On pourra regretter que les têtes d'affiches soient limités à un rôle un peu trop classique : Bacri (un air de famille, le goût des autres, etc) fait le bougon, Rouve (Sans armes, ni haine, ni violence, Adèle Blanc-sec, etc) le boulet et Lellouche (Les infidèles, Narco, etc) le macho. Heureusement, la grande diversité de personnages permet que ce ne soit pas pénalisant et que le film ne soit pas trop stéréotypé, on pourra s'amuser de la multiplicité des profils du stagiaire trop parfait, au gendarme zélé en  passant par l'ancien prof frustré. Mention spéciale pour Benjamin Lavernhe qui joue le rôle du marié, son personnage est délicieusement détestable et il le porte à merveille.
Au niveau de l'histoire, rien de bien original et pourtant ce mélange permet de rendre le tout passionnant. Les réalisateurs réussissent aussi à apporter beaucoup de poésie à leur histoire, notament au travers de deux scènes musicales très fortes (l'une d'elle ayant le bon goût d'utiliser le superbe morceau de Cascadeur : meaning)
Niveau humour, puisqu'il s'agit d'une comédie, nous ne sommes pas vraiment dans le pouet pouet
plutôt dans le doux amer. De fait, si certaines vannes font rire (principalement celle de la bande annonce) le film est loin d'être hilarant.
Dans l'ensemble, le sens de la fête est une bonne surprise : c'est bien réalisé, bien joué, plutôt drôle, on ne s'ennuie pas, les valeurs sont plutôt saines, bref, c'est mieux que ce dont on peut avoir l'habitude sur les grands écrans. Pour autant, le film ne révolutionne pas grand chose et ne marquera pas vraiment les esprits (sauf peut-être pour la scène mentionné plus haut). Si vous êtes en quête d'un divertissement populaire de qualité, je recommande chaudement sinon il y a surement plus inoubliable à l'affiche.




Conclusion :

Une belle comédie humaine. Ce n'est pas hilarant mais le rythme est prenant, les personnages attachants et on passe un bon moment.