Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
(retrouvez la sélection télé chaque midi sur la page facebook)

lundi 26 juin 2017

Free Fire

Avant de découvrir sa bande annonce, je n'avais jamais entendu parler de Free Fire, l'ambiance seventies et le casting ont eu vite fait de me séduire et j'avais hâte de découvrir ce que ce film pouvait nous réserver. Voyons cela ensemble.








Date de sortie 14 juin 2017
Durée : 1h 30min
Réalisateur : Ben Wheatley
Casting : Brie Larson, Cillian Murphy, Armie Hammer
Genres : Action, Thriller, Comédie
Nationalités : Français, Britannique



Synopsis:

Dans les années 70, la bande d'Irlandais de Chris et celle plus internationale de Vernon se rencontrent pour un deal d'arme. La situation est tendue et l'intermédiaire, Justine, a beau faire de son mieux, elle ne réussit pas à empêcher que les choses dégénèrent, piégeant les divers protagonistes dans un affrontement mortel.

Critique:

Free Fire est le nouveau film de Ben Wheatley que j'avais découvert avec High Rise (ou probablement sans le savoir en regardant Doctor Who ), c'est un huis-clos minimaliste à la croisé des chemins entre le film de gangster et le western. Dans son genre, il m'évoque beaucoup Réservoir Dog. Le scénario est très simple, ce qui pourrait ne pas être un problème vu la longueur du film et son genre. 1h30 d'action, lorsque c'est bien fait et soutenu par un humour de qualité, ça passe facilement.  Malheureusement, ici ce n'est pas le cas. L'ambiance est bonne, principalement grâce à des personnages bien campé, l'humour fonctionne, mais le scénario est vraiment trop mince pour que le film reste passionnant tout du long, surtout à cause d'un manque de variété dans les situations. La majorité de l'action se constitue de personnages cachés derrière des barricades éphémères et tirant à l'aveugle sur d'autres personnages. C'est amusant dans un premier temps mais insuffisant pou tenir 1h30. J'ai quand même pris plaisir à regarder le film mais il m'a vraiment manqué quelque chose pour le rendre réussi : plus d'effets de surprises ou surtout plus de diversité dans les situations (trop de gunfight, tue le gunfight) auraient vraiment permis de rendre l'ensemble passionnant. Au lieu de ça, l'histoire devient vite confuse et répétitive et le peu de surprises que réserve le scénario est insuffisant à relever l’intérêt.
Parmi les qualités du film, on notera bien entendu le casting avec en tête Armie Hammer (Lone Ranger, Mirror mirror, etc) un acteur que je trouve sous-employé et qui se révèle ici très drôle dans
son rôle de mafieux sophistiqué. Face à lui l'ultra charismatique Cillian Murphy (Peaky Blinder, 28 jours plus tard, etc) parfait en chef de bande Irlandais, un petit air de Tommy Shelby année 70 et enfin Sharlto Copley (ChappieDistrict 9, etc ) très drôle en flambeur sud africain. Seul personnage féminin du film, Brie Larson (KongDon Jon, etc) s'en sort plutôt bien avec quelques bonnes répliques mais aurait mérité un peu plus d'approfondissement. C'est l'autre soucis du film (lié à la faiblesse du scénario), les personnages ne sont que survolés. On ne sait rien d'eux, il est donc compliqué de s'y attacher ou de s'inquiéter de leur survie.
Pour finir, je dirais un petit mot sur la bande son concocté par Geoff Barrow de Portishead et Benjamin Salisbury, elle est vraiment prenante, s'inspirant à la fois de l'univers du western et du rock seventies. Un mélange qui donne une aura toute particulière à l'ensemble du film.
Vous l'aurez compris, je suis très mitigé sur Free fire, tous les éléments étaient en place pour faire un film au moins aussi bon que Réservoir Dog ou Snatch mais un scénario un peu trop indigent en fait une histoire sympathique mais sans enjeux forts. On ne s'ennuie pas, c'est agréable à regarder mais ça manque de caractère. Dommage.


Conclusion:

Bonne petite surprise, Free fire pèche tout de même par la simplicité de son scénario. C'est sympathique à regarder mais ça s'oublie vite.



De chouettes affiches alternatives




vendredi 23 juin 2017

Le manoir

Cela fais longtemps maintenant que je m'intéresse à la création sur le web. Depuis plusieurs années déjà, je suis convaincu que c'est de cette nouvelle vague de créatifs que viendra le renouveau du PAF comme l'avait fait les critiques de cinéma des années 50. C'est donc avec beaucoup d'espoir que j’accueillais l'annonce de la sortie de "Le manoir", en tout cas jusqu’au moment où j'ai découvert la bande annonce...





Date de sortie : 21 juin 2017
Durée : 1h 40min
Réalisation : Tony Datis
Casting : Kemar, Natoo, Ludovik, Jérome Niel, Vincent Tirel, Mister V
Genres : Comédie, Epouvante-horreur
Nationalité : Français

Interdit aux moins de 12 ans (mais je déconseille au plus de 14 ans donc ça limite pas mal le public)

Synopsis:

Pour fêter le nouvel an et l'anniversaire de leur pote Fabrice, un groupe de jeunes adultes se rassemble dans un vieux manoir isolé. Au cœur de la nuit, plusieurs événements inquiétants vont gâcher la soirée et plonger la petite bande dans un véritable cauchemar.

Critique:

Le manoir n'est pas le premier film voulant surfer sur la vague Youtube. Déjà en 2012 nous avions pu découvrir "Pas très normales activités" avec Norman Thavaud qui, malgré qu'il profitait de l'expérience d'un vrai réalisateur (Maurice Barthélémy), s'était révélé une vraie purge. 5 ans plus tard, l'on pouvait espérer qu'une nouvelle tentative aurait bénéficié de plus de travail afin de fournir un film de qualité, quelque chose qui soit au dessus de la masse des comédies insipides dont on nous matraque à longueur d'année mais que neni (oui, quand je parle comédie française, j’utilise des expressions désuète, probablement un relent de Visiteurs), nous sommes ici face à du classique de chez classique, de la blague pipi caca, des personnages caricaturaux et tous plus bêtes les uns que les autres, des situations grotesque, bref un scénario mal ficelé ne survivant que sous perfusion d'humour lourdingue. Alors oui, il y a quelques blagues qui m'ont fait rire et le personnages de Vincent Tirel est plutôt cool mais les autres rôles oscillent entre insipide et/ou irritant.
Au niveau de la réalisation pas grand chose de notable, c'est assez convenu. Tony Datis réalise ici son premier film après beaucoup de clip. On peut difficilement le blâmer, il aurait pu faire pire pour un premier film mais ça reste sans inventivité. Visuellement, je noterais juste le
masque du méchant qui est vraiment très réussi et apporte un peu d'ambiance à l'ensemble mais on verse dans l'anecdotique tellement ça ne colle pas avec le reste du film. Si le Manoir se veut horrifique, il faut reconnaître que c'est complètement raté sur ce point. L'humour potache contrebalance chaque tentative de faire monter la tension jusqu’à ce qu'on en vienne à se moquer un peu du sort des personnages (voir à espérer qu'ils meurent tellement ils nous fatiguent). leur comportement peu crédible n'aidant pas non plus à l'attachement. Comme souvent dans ce genre de films (les mauvais films d'horreur) les comportements des personnages n'ont pas de logique et lorsque par erreur ils le sont, ça ne dure pas.
Le manoir c'est un mélange de clichés, de blagues pas drôles, d'humour qui fait pas peur et de Youtuber qui se jouent eux-même. C'est un peu la preuve qu'en France aussi, on sait faire de mauvais film d'horreur à l'Américaine. Personnellement, je n'en ai jamais douté (surtout que j'ai eu la chance de voir Brocéliande et Bloody Malory) mais j'aurais préféré découvrir qu'on savait faire de bon films d'horreur, ou au moins qu'on savait les écrire. Inutile de dire que c'est long et que ça s'oublie très vite. Une fois de plus j'aurais aimé apprécier ce film, d'autant qu'il y a des gens que j'aime beaucoup au casting (Ludovik, Jérome Niel et Natoo) mais leur présence est très loin de faire un bon film, à peine un bon coup de com'. Tout ce que j'espère c'est que ce film ne servira pas d'exemple pour prouver que rien de bon ne peut sortir de Youtube et dissuader de futur financier. J'espère que le web et tous ces créatifs auront des choses plus originales et personnelles à nous proposer. je vous invite notamment
à essayer de voir "Les dissociés" (qui donnait déjà la part belle à Vincent Tirel) qui n'avait pas du bénéficier du même budget mais qui était bien plus original.

Conclusion:

Comme on pouvait le craindre, le manoir est une grotesque parodie des films d'horreur insipide Américains. Il reproduit les même erreurs sans apporter la moindre valeur ajouté. Les fans acharnés des Youtubers du casting apprécieront peut-être mais sinon c'est très dispensable.


mardi 20 juin 2017

Wonder Woman

Et oui, encore un film de super-héros, je me souviens l'époque lointaine où je regrettais que nous n'en ayons qu'un par an. Aujourd'hui c'est déjà beau s'il n'y en a qu'un par mois. C'est une véritable invasion et le problème c'est qu'ils sont tous forgé sur le même moule (pas de blagues, merci). Pourtant, j'attendais avec impatience ce Wonder Woman car il a un avantage sur tous les autres. Il met en avant un personnage féminin, un événement encore malheureusement beaucoup trop tard surtout dans le monde des super héros. Mais ce choix artistique (ou financier...) suffit-il à faire un bon film ? C'est ce que nous allons voir !







Date de sortie : 7 juin 2017
Durée : 2h 21min
Réalisateur : Patty Jenkins
Casting : Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen
Genres : Action, Aventure, Fantastique
Nationalité : Américain

Synopsis:

Seule enfant élevée sur l'île des Amazones, Diana découvre le destin qui l'attend le jour où un homme s'écrase sur son île poursuivit par l'armée allemande. Choqué d'apprendre que la guerre fait rage dans le monde des hommes et que cela pourrait être le fruit des manipulations d'Ares, le dieu de la Guerre, elle décide de suivre le soldat et de partir au front.



Critique:

Je crois que j'attendais Wonder Woman autant que je le redoutais. Il faut dire que c'est plus pour une raison "sociologique" que je l'attendais que pour une raison artistique. C'est tout de même triste de constater qu'il aura fallut attendre 2017 pour voir une super héroïne traitée à l'écran comme n'importe quel super héros. Pour dire si ce film était important. Pour autant, cela n'avait rien d'un gage de qualité. L'enfer est pavé de bonnes intentions et quelles que soient celles qui poussaient Patty Jenkins ou Warner Bross à faire ce film rien n'indiquait qu'ils voulaient forcément en faire un bon film. Et très clairement, ce n'est pas le cas. Le film est rigoureusement comme tout les autres qui ont précédé (c'est probablement ça la parité, les femmes aussi ont droit à leurs mauvais films). Long, fouillis, pas malin, le film est plein de bonnes volontés mais tombe dans les mêmes pièges que tout ses homologues. Long à démarrer à cause de scènes d'expositions inutilement détaillés, très gros dans ses ficelles (il n'y a vraiment aucune surprise on devine tout très longtemps à l'avance) il pâtit d'un scénario qui aurait pu être intelligent (il y a une jolie parabole vers la fin qui aurait pu donner à réfléchir mais qui se fait massacrer dans les minutes qui suivent) mais se révèle juste lourdingue (on est au niveau de réflexion d'un épisode de Sailormoon, c'est dire). Alors vous allez me dire, c'est du blockbuster, le scénario n'a que peu d’intérêt tant qu'on en prend plein les yeux. Je ne suis pas d'accord mais admettons. Et bien, même là je n'ai pas été comblé. Les matte painting m'ont brûlé les yeux, les combats abusent du ralenti à un niveau ridicule (et pas que, la scéne ou Wonder Woman sort de la tranché au ralenti donne l'impression d'être devant une pub Dior), le look ultime du grand méchant n'a aucun intérêt (à part faire un cosplay moche de magnéto) et le combat final est franchement nul (sans même parler de la scéne ubuesque qui le suit, on croirait une blague).
Au niveau du casting, au contraire on commence à trouver un peu d’intérêt au film. Gal Gadot est très bien dans son rôle, très expressive avec ce petit côté impérieux qui donne de l'épaisseur à Wonder Woman, mais c'est surtout au niveau des seconds rôles qu'on se régalera avec un beau festival de gueules : Danny Huston (Big eyes, le congrès, etc), David Thewlis (Macbeth, Zero Theorem, etc), Saïd Taghmaoui, Ewen Bremner (Trainspotting 2, perfect sense, etc ), et surtout Robin Wright (House of cards, le congrès, etc) fabuleuse en Générale Amazone.
On notera aussi une bande son d'assez bonne qualité avec un morceau titre vraiment prenant même si on regrettera quelques inspirations un peu trop voyante de la bande son de Sherlock Holmes de Hans Zimmer.
J'aurais voulu aimer ce Wonder Woman, mais vraiment ça n'a pas du tout été le cas. Je me suis ennuyé ferme et j'ai vraiment eu l'impression que la réalisatrice était tombée dans tous les pièges à éviter. Reste tout de même de bonnes choses : d'excellentes répliques sur le sexisme et l'oppression, de beaux décors, de beaux costumes, des valeurs saines et un film moderne (ça fais du bien surtout après Le roi Arthur ) mais malgré toutes ces bonnes intentions Wonder Woman n'est pas un bon film. N'hésitez pas toutefois à y emmener vos enfants, ils ne remarqueront pas les défauts mais seront peut-être touché par toutes ces belles valeurs qu'on ne met plus assez en avant.



Conclusion:

S'il propage de saines et belles valeurs, ce film est aussi dispensable que tous les blockbusters du moment, emmenez-y vos enfants pour les messages véhiculés mais les adultes apprécieront difficilement sauf à poser le cerveau sous le fauteuil.