Alors que d'immondes pirates mettent en danger notre sacro-saint petit écran à coup de téléchargements illégaux, un homme, un surhomme que dis-je, se dresse seul pour défendre la ménagère de moins de quarante ans et les CSP+. Ce héros se nomme: El programator.
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lundi 14 août 2017

La Tour Sombre

Je ne suis pas un grand fan de Stephen King, mais sa saga de la Tour Sombre fait partie de mes œuvres de références. Pour tout dire, elle m'a beaucoup plus marqué que le seigneur des anneaux et reste pour moi l'oeuvre majeure de l'auteur. Du coup, comme tous les fans, c'est surtout avec crainte que je voyais arriver cette adaptation, pourtant il me fallait bien me faire mon propre avis en espérant que ce soit moins grave que je ne le pense.





Date de sortie : 9 août 2017
Durée : 1h 35min
Réalisation :  Nikolaj Arcel
Casting : Idris Elba, Matthew McConaughey, Tom Taylor (IV)
Genres : Fantastique, Aventure
Nationalité : Américain

Synopsis:

Tous les soirs, le jeune Jake Chambers fait le même cauchemar. Il rêve de la lutte entre le dernier Pistolero et le sinistre homme en noir. Mais si ces terreurs nocturnes étaient réelles ? Et si la Tour Sombre était menacée risquant ainsi la destruction de tout l'univers. L'adolescent n'aura que peu de temps pour démêler le vrai du faux et ainsi peut-être aider à sauver le monde.

Critique:

La tour sombre est une oeuvre hybride, partant d'une histoire archétypale : "un chevalier qui poursuit sa quête et affronte un homme en noir" King développe un univers gigantesque et complètement fou, reflet halluciné des états-unis. La force de la tour sombre ne réside donc pas dans son histoire, qui n'a vraiment aucun intérêt mais dans la richesse de ses personnages, la folie de ses concepts et l'ampleur de son univers. Et c'est d'autant plus fort que l'écrivain en a fait le noyau central de tous ses écrits donnant à la saga une magie supplémentaire.
Inutile donc de vous dire que la saga était inadaptable. Ce n'est pas pour rien qu'autant de scénaristes et de réalisateurs se sont cassés les dents sur le projet, il était impossible de réaliser un film, même une trilogie qui aurait pu égaler l'oeuvre écrite. La meilleur idée était de faire une série mais se posait le problème du budget. Pour s'approcher de l'oeuvre il faut un énorme investissement financier mais le genre de l'oeuvre n'a rien de grand public. Oui, car la tour sombre a son genre propre, ce n'est ni un Western, ni de l'Héroic Fantasy, ni du Fantastique, c'est composite. Une qualité majeure à mes yeux mais un véritable problème pour le marketing et les investisseurs qui ont besoin d'une direction claire pour être sûr d'attirer le grand public et de rentrer dans leurs frais.
Pourquoi je vous explique tout ça ?
Tout simplement parce que ce film n'est pas une bonne adaptation de la tour sombre. Ce film est un choix, un autre concept. Plutôt que de se perdre dans un projet impossible, le réalisateur est allé dans l'épure. Au lieu de raconter la saga, il n'en a fait qu'une introduction. Ici, le pistolero n'est plus le héros, C'est Jake Chambers. Le film est directement orienté vers les ados. En temps normal j'aurais probablement hurlé à la trahison et pourtant, c'est tellement malin. C'est un axe de lecture possible du livre et ça ne le remet pas en cause, c'est une autre histoire, qui a pu avoir lieu, sans pour autant nuire à la quête de Roland mais surtout qui permet de nombreuses choses. Ce film est un teaser de 1h30 qui va permettre à tout une nouvelle génération de se plonger dans une oeuvre majeure. Et pour autant, l'histoire se suffit à elle même. Elle est simpliste à l’extrême, certes, mais elle est efficace et laisse entrevoir un univers très prometteur. Dans sa simplicité, la Tour sombre est bien plus puissant que tous les Percy Jacksons et autres adaptations de littérature jeunesse.
 Et celui qui dit le contraire à oublier le visage de son père.
Je ne vais pas vous dire que j'ai adoré ce film, il a de nombreux défauts. On sent notamment que le réalisateur n'a pas l'habitude des films d'actions. Ses scènes manquent de force et le combat final est vraiment raté (la gestuelle de Matthew McConaughey flingue complètement le personnage le faisant entrer au panthéon des personnages kitchouille, juste en dessous de Profion) mais il a l'intelligence de ne pas en abuser. Il y a très peu de scènes d'actions dans le film, elles sont juste là pour rythmer un peu contrairement aux abus démesurés que j'ai pu constater dans tous les derniers blockbusters.
Un film de 1h30 efficace ? J'ai l'impression que je n'avais pas vu ça depuis le vingtième siècle. Sérieusement ! ça fais du bien, je vous jure.
Et puis, il faut parler du casting.
Certes, je tique un peu sur le fait que Roland soit incarné par Idris Elba ( Pacific Rim, Thor, etc). Avant d'être un personnage, Roland est un symbole, un archétype. C'est un chevalier, c'est un cowboy, c'est John Wayne et Clint Eastwood. Du coup, oui, ça me fait bizarre de le voir incarné par un acteur noir. Mais là on parle de Idris "fucking" Elba. Pas d'un acteur surcoté qui est là sans raison valable, non on parle d'un vrai bon acteur ultra charismatique. Et puis, est-ce que l'image du cowboy n'a pas évolué depuis l'écriture du livre ? Est-ce que Django n'est aujourd'hui pas plus légitime que Josey Wales ? J'aurais aimé que ce soit un peu plus motivé dans l'histoire (même si la scéne de la mort de Roland et son ambiance sécessionniste est un peu là pour ça) mais honnêtement Idris rempli pleinement le rôle.
Matthew McConaughey est également parfait dans le sien, il n'en fait pas trop et a juste ce qu'il faut de diabolique dans l'attitude. Mon seul regret le concernant a déjà été évoqué plus haut. Je ne sais pas qui a fait ce choix, du réalisateur ou de l'acteur, mais la gestuelle très précieuse de prestidigitateur à la fin fait perdre toute crédibilité à l'acteur et pire, à la scène (sa mort n'a d'ailleurs rien à envier à celle de Marion Cottillard dans Dark Knight). Un petit mot sur le véritable héros du film, le jeune Tom Taylor (IV) qui pour un premier film a la chance d'avoir un bon personnage et de bien le porter. Je ne suis pas fan de films avec des enfants mais l'équilibre est suffisamment bon pour qu'il ne soit pas désagréable. Il est très adulte et posé et possède toutes les qualités d'un bon pistolero.
Concernant la bande son, pas grand chose à dire, c'est du classique mais de mémoire je ne crois pas avoir jamais été épaté par Junkie XL (Deadpool, Man of steel, etc).
A noter pour les amateurs de King et de références que le film est bourré de petit clin d’œil que ce soit à Shining, à ça ou a d'autres romans.
Pour finir, je dirais que Nikolaj Arcel (Royal affair, Millenium, etc) s'en est plutôt bien sorti. Il n'y a qu'a regarder sa filmo, rien ne le prédestinait à réaliser un film de ce genre. Et pourtant, malgré un budget restreint (60 millions quand même mais vu l'ampleur du projet ce n'est pas lourd) et une oeuvre inadaptable, il réussit à livrer une vision qui tient la route et qui est très prometteuse. N'oublions pas qu'avant d'être la saga que l'on connait, la tour sombre c'est une nouvelle d'une qualité toute relative nommée le pistolero. Si ce film est l'équivalent de la nouvelle vis à vis d'une future adaptation audiovisuel, on tient peut-être une oeuvre de référence à venir et sinon on aura au moins eu un teen moovie de qualité. En conclusion, je dirais que la tour sombre est loin d'être un film parfait mais qu'il est tout de même bourré de qualités pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre d'origine et vaut donc la peine qu'on s'y intéresse.

Note: n'allez pas voir le film en VF. Avoir traduit Gunslinger (pistolero) par Chevalier, j'ai juste envie de tuer des gens, c'est une trahison totale de l'univers.


Conclusion:

S'il frustrera les fans par la simplicité de son approche, la Tour sombre se révèle une excellente porte d’entrée à la saga de King ainsi qu'un très bon teen moovie.

Quelques affiches alternatives, j'aime particulièrement la première en mode Inception, elle est très signifiante.







vendredi 11 août 2017

Valerian et la cité des mille planétes

Impossible de passer à côté de Valérian, surtout que je suis un fan de la première heure de la bande dessinée. Voyons donc ensemble si le film est aussi mauvais que le disent les Américains ou aussi génial que le disent les Français.





Date de sortie : 26 juillet 2017
Durée : 2h 18min
Réalisation : Luc Besson
Casting : Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen
Genres : Science fiction, Aventure, Action
Nationalité : Français

Synopsis:

28éme siécle, Valèrian et Laureline sont deux super agents chargés de la sécurité des intérêts Humains dans l'univers. Leur nouvelle mission les amène sur Alpha, une station orbitale en constante évolution ou se regroupent toutes les espèces de l'univers. Au cœur de la station, un mal inconnu semble se propager risquant de condamner toute la station si jamais les deux agents ne résolvent pas le mystère qui entoure cette menace.

Critique:

1997, Luc Besson pillait l'air de rien l'imaginaire de Christin et Mézières pour son film "le 5éme élément". 20 plus tard, il assume son inspiration en adaptant leur célèbre bande dessinée : "Valèrian et Laureline". Un monument de la SF qui marqua profondément les esprits des années 70 notamment grâce à son héroïne : forte, intelligente et libre.
Adapter Valérian et Laureline n'était donc pas une mince affaire, les attentes étaient énormes et surtout les besoins étaient considérables. Faire vivre un univers aussi foisonnant que celui de la bd nécessitait un budget titanesque, le genre de financement que nous sommes généralement incapables de débloquer en France. Et il faut reconnaître cela à Besson, lui en est capable. C'est l'un des rares Français à pouvoir rassembler un budget suffisant pour concurrencer les blockbuster américains. Une grande qualité donc, mais qui n'a jamais fait un bon film, j'en prend pour preuve sa filmographie hasardeuse.
Donc, qu'en est-il de ce film ?
Je vais passer rapidement sur l'aspect "adaptation" la vérité c'est que j'ai lu la bande dessiné il y a quelques années et que mes souvenirs ne sont pas assez vif pour faire une varie comparaison. Je sais qu'il a fait des simplifications (normalement Valérian est plus un vieux baroudeur qu'un jeune couillon et il peut voyager dans le temps. Laureline quant à elle est née au 14éme siécle et il l'a sauvé du bûcher) mais j'ai l'impression qu'on respecte l'esprit de la bd. Mon seul regret viendra vraiment du personnage de Valerian dont l'adaptation est totalement ratée, j'y reviendrais d'ailleurs plus tard (#teasing dans ta face).
Si on parlait de l'histoire maintenant. C'était le point fort de la bd, des scénarios profonds et inventifs, des œuvres marquantes. Besson l'a bien compris, c'est pourquoi il fait semblant de livrer une histoire complexe alors que c'est juste brouillon, confus et bête. Comme souvent dans les films de ce genre, je me suis ennuyé tout du long, on passe sans cesse d'une scéne de poursuite à une scéne de dialogue creux pour expliquer aux mal-comprenants ce qu'ils ont raté. Les caméos s'accumulent, tous plus inintéressant les uns que les autres (sauf peut-être Rihanna mais ça s’intègre quand même hyper mal à l'histoire) bref on tente tant bien que mal de justifier le budget.
Et certes, les effets sont impressionnant mais pourtant, ça n'a rien de spectaculaire. Besson fait le choix de garder une esthétique bande dessiné, de ne pas trop faire réaliste, pourquoi pas, mais la conséquence directe c'est que ces grands paysages numériques sonnent complètement faux et ne touche pas la sensibilité du spectateur. J'ai eu nettement plus le vertige dans les décors réels de Crash test Aglaé que dans cette partouze virtuelle qui m'a décollé la rétine. Alors oui, les Na'vi sont très réussi, euh non, les Müls, rien à voir ils ne sont pas bleus, oui ça explose de partout, oui c'est joli mais qu'en est-il de l'émotion ? Elle devait coûter trop cher.
Oui, car il ne faudra pas compter sur les acteurs pour nous procurer des émotions, si  Cara Delevingne (suicide squad, etc) se révèle excellente dans le rôle de Laureline (le film aurait d'ailleurs dû s'appeler Laureline tellement le personnage est plus intéressant que celui du héros) Dane DeHaan (A cure for life, The amazing spiderman, etc) ne va pas du tout dans son rôle. Les scénaristes ont fait une relecture du personnage de Valérian, devenu un jeune obsédé qui ne jure que par la hiérarchie, qui n'a aucun intérêt mais pire dans laquelle l'acteur n'est absolument pas crédible. Impossible de croire qu'avec son physique et son comportement le personnage puisse être à la hauteur de sa légende. Il n'y a qu'a regarder la filmo de l'acteur, il s'est fait connaitre dans des rôles de personnages malsains, il ne peut pas soudainement briller dans celui du héros séducteur. Pire, toujours aussi peu inspiré, Besson nous ressort son couplet sur l'amour mais plus que jamais, le couple ne fonctionne pas. Valérian ne fait que harceler Laureline tout du long, on dirait qu'elle ne cède que par un étrange syndrome de Stockolm.
Bien entendu, on se retrouve avec ce vieux message tout pourri de "elles disent non mais en fait elles pensent oui". Une bien belle morale qu'on espérait avoir disparu du cinéma depuis des siècles. Et c'est d'autant plus dommage qu'avec un personnage comme Laureline il y avait moyen de faire quelque chose de plus progressiste. Un petit mot sur Clive Owen (Blood ties, Les fils de l'homme, etc) pour en finir sur le casting. Il n'a aucun intérêt. L'acteur n'a aucune latitude pour s'exprimer dans un personnage aussi archétypal que creux, il fait donc ce qu'il peut et s'avère aussi expressif que les robots qui le suivent.
Pas grand chose à dire sur la musique, ça commence avec du Bowie ce qui est toujours une bonne chose et ça se suit avec des créations d'Alexandre Desplat (Tale of tales, Moonrise Kingdom, etc) qu'on a connu plus inspiré.
En conclusion, je dirais que Valérian est un film convenu, creux, daté, mal écrit mais spectaculaire. Il n'a rien a envié à tous les blockbuster américain qui se succèdent sur nos écrans, il n'est pas pire que les gardiens de la galaxie mais plutôt que de prouver qu'on pouvait faire aussi nul qu'Hollywood, j'aurais préféré que Besson prouve qu'on pouvait faire mieux.



Conclusion:

Une fois de plus, Luc Besson prouve qu'il est capable de faire comme les américains. C'est aussi impressionnant que creux. Pas un mauvais film donc mais aussi vite oublié que vu, une attraction de fête foraine.

mercredi 9 août 2017

Crash test Aglae

Comme vous, je suppose, je n'avais pas entendu parler de ce film. Mais voilà qu'un trou dans mon emploi du temps me laissait l'occasion de découvrir, au choix, ce mystérieux roadtrip au pitch aussi improbable que son titre ou un énième film américain sans âme. L'opportunité d'apporter un peu de diversité à ce blog était trop forte, voyons donc ensemble ce que la France a encore à offrir en matière de cinéma. (et quand je dis voyons, c'est une formule car je conseille plutôt de ne pas regarder la bande annonce)







Date de sortie 2 août 2017
Durée : 1h 25min
Réalisateur : Eric Gravel
Casting : India Hair, Julie Depardieu, Yolande Moreau
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Français

Synopsis:

Légèrement psychorigide, Aglae adore la routine de son travail. De fait, le jour où la direction décide de délocaliser son usine en Inde, elle accepte de partir pour conserver son emploi. Pour l'en empêcher ses employeurs refusent de payer le billet d'avion, la jeune fille décide alors de partir en Inde en voiture. Une aventure qui la changera à tout jamais.



Critique:

Crash test Aglae est le premier film de Eric Gravel et c'est un film français dans toute son excellence.
Et je ne suis même pas ironique lorsque je dis ça. Au contraire, pour une fois je suis content de pouvoir dire : voilà, un film Français c'est ça ! Voilà ce qui fait notre spécificité. Ce n'est pas l'humour crasse d'un camping, ce ne sont pas les costumes ratés d'un les adieux à la reine ou les dialogues lourdingues d'un "insérez ici le drame français lambda". Non, la spécificité française c'est un film social, drôle, poétique, un film capable d'émouvoir sur des sujets tragiques et capable de faire rêver. C'est un film ambitieux tourné vers l'autre et qui ne se regarde pas le nombril, bref c'est un bon film.
En partant d'un sinistre fait divers : une délocalisation, Crash test Aglae nous trace des portraits humains variées et d'une grande justesse. Il nous fait l'esquisse du monde dans lequel nous vivons, de sa diversité, de sa cruauté mais aussi de sa beauté. Ce qui aurait pu n'être qu'un petit drame local prend une portée international et la lourdeur du sujet s'allège jusqu’à nous faire planer bien plus haut qu'on ne l'aurait cru possible.
La première force du film, c'est son histoire qui prend sans cesse des tournants inattendus.  Elle n'est pas parfaite, elle a ses défauts et ses facilités mais elle prend aux tripes. Je regrette pour ma part le traitement de la pathologie d'Aglae qui n'est finalement considéré que dans les premières 20 minutes. Sans être psychologue, je doute que quelqu'un d'aussi atteint pourrait subir tout ce qu'elle subit sans réagir. Pourtant ce détail n'empéche pas de profiter de l'histoire.
A l'inventivité de l'écriture s'ajoute la facétie de la mise en scène, tous ces petits détails qui nous font sourire et ajoutent une touche follement décalée à l'ensemble. La réalisation, si elle est assez classique, se révèle sans fautes. Pour un premier long métrage, Eric Gravel n'a vraiment pas à avoir honte d'autant que certains passages du film sont très ambitieux. La gradation de l'histoire est d'ailleurs intéressante car le film devient de plus en plus impressionnant ce qui illustre bien le passage de la petite vie tranquille d'Aglae à cette nouvelle vie d'aventure.
Niveau casting, c'est là encore une belle réussite. Si le film repose essentiellement sur la méconnue mais très justement nommée India Hair (non pas parce qu'elle a des cheveux mais bien parce qu'elle part en Inde) il bénéficie beaucoup de la présence de Julie Depardieu, Yolande Moreau deux actrices familières de rôles de personnage populaire et/ou en marge. On s'amusera d'ailleurs de repenser au rôle de Yolande Moreau dans l'excellent Louise Michel où elle se trouvait déjà licencié et partait cette fois en chasse de son employeur pour lui faire payer. L'actrice joue ici un rôle moins sombre mais tout aussi décalé et savoureux. Le trio fonctionne à merveille, chaque fille apportant une énergie qui lui est vraiment propre pour illustrer trois âges de la femme. Surtout, India réussi à rendre attachant un personnage plutôt désagréable car très solitaire et égocentré.
Dans l'ensemble, Crash test Aglaé est une super surprise, un film dépaysant, original, frais et qui donne à réfléchir. Le genre de film qui devient tragiquement rare, dévoré par des produits pré formaté destiné à remplir les grilles de télévision.
En conclusion, je dirais que ce qui m'énerve un peu, c'est que je n'avais jamais entendu parler de ce film alors qu'on nous harcèle à longueur de journée avec d'innombrables bouses interchangeables. Du coup, ce film risque de se planter uniquement parce qu'il a eu le tort de dépenser son budget pour faire un film plutôt que de la pub, et ça me rend un peu dingue. En espérant avoir convaincu quelques uns d'entre vous de découvrir cette petite pépite.


Conclusion:

Excellente surprise que ce premier film drôle, beau, cruel et poétique. Je ne peux que vous inviter à le découvrir.